Laisser filer le temps …

La patience en photographie est sans doute l’aspect le plus négligé. L’autre, c’est la pratique qui en fait est directement liée à la patience. Les photographes décidément ne veulent pas toujours prendre le temps pour faire des images.

À ce moment de ma vie, je chemine en mode prendre le temps … Prendre le temps de regarder, de préparer ma scène, préparer les ajustements (qui changent peu une fois la recette trouvée), laisser le temps à l’appareil de capturer l’image en toute patience et laisser l’appareil traiter l’image également. Oui, il faut autant de temps à l’appareil pour traiter l’image tout juste capturée que la capture elle même … Imaginez un instant, une exposition de 6 minutes, le temps pour apprécier l’image est donc de 12 minutes. Pourquoi direz vous ? Dans plusieurs appareils, comme le capteur expose pour une longue période de temps, il chauffe et charge électriquement les pixels. Ceci à pour effet de colorer ou surcharger d’énergie certains pixels. Le traitement corrige ce défaut en superposant par dessus l’image capturée une photo au noir contenant les informations de bruit. Le traitement de superposition annule ainsi 98% des pixels nuisibles et rends l’image parfaitement utilisable.

Avantage: Qualité d’image.

Désavantage: Difficile sur l’accumulateur (pile) et très long à traiter, caméra inutilisable durant.

Humblement, quelques longues expositions entres 3 et 16 minutes en plein jour.

Un trépied avec une tête Arca Swiss et une "L" Bracket montée sur la Nikon D800

Les filtres utilisés sont des B+W -10 stops et -6 stops parfois superposés.

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Bonne photo :-)

À la mémoire de …

Avec l’été qui se pointe enfin, la photographie reprend de plus belle chez les amateurs de ce loisir, cette passion pour certains.

À chaque début d’été, je ne peux m’empêcher de penser que cette saison m’aura volé mon meilleur ami, celui là même qui m’aura appris à faire correctement de la photographie. Tout seul dans ce projet, j’aurais probablement abandonné.

C’est fou comme le chagrin et les souvenirs reviennent même après toutes ces années. Avec lui s’est éteint une partie de moi. C’est d’une lourdeur affreuse, d’une tristesse monstrueuse fort heureusement, j’ai gardé des souvenirs de ce jeune homme qui sont gravés dans ma mémoire à tout jamais.

S’il était avec nous, avec cette technologie qui nous envahi, il serait passé d’un esprit créatif à un esprit qui livre ses créations.

Je lui doit tout mis à part mon acharnement mais même ça, il me l’a transmis. Quand on courrait au laboratoire pour aller récupérer nos diapositives et que l’on installait nos dispos sur la table lumineuses, il mettait parfois pratiquement tout à la poubelle sauf une ou deux sur les 36 ou 38 d’origine. Il m’a aider à développer mon esprit critique, à voir différemment, à respecter ou revoir certaines règles de base, il m’a tout simplement transmis sa passion, chose dont je lui suis infiniment reconnaissant.

Ce billet n’est pas un hommage, plutôt une manière de dire, je ne t’ai pas oublié. Comment pourrais-je oublier.

L’eau et l’été m’auront simplement volé mon best buddy …

 

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Zénitude, l’étude de la Zénité …

J’invente des mots, souvent parce que j’aime comment ils sonnent en les prononçant.

Rien n’arrive pour rien, cette phrase prend tout son sens le plus équivoque depuis le début de 2014.

Changements par dessus changements, hauts et bas, riche et pauvre, souvent déstabilisé mais toujours debout. J’ai découvert que j’apprécie de plus en plus les choses qui ne me stressent pas. Je n’avait pas cette lucidité auparavant. J’ai passé beaucoup d’heures à écouter dernièrement, plus qu’à parler. J’ai beaucoup regardé et admiré, plus que photographié. La chose qui me frappe le plus dans cette prise de conscience, c’est que je me permet d’être en contrôle même quand je suis hors contrôle. Une sorte de paix m’habite, je dirais qu’autrefois, l’absence de stress me stressait, je sais, je suis mal fait.

Un constat que j’ai fait dernièrement, l’équilibre a tellement meilleur goût que les montagnes russes. Le corps se détend tellement plus facilement, les douleurs ou les petits bobos sont plus tolérables. Plus que jamais, je crois que les choses nous arrivent au moment où l’on s’y attend le moins. Il faut simplement ouvrir le canal pour que ces choses nous rejoignent. Un peu comme les images, il faut apprendre à regarder en gardant le focus sur la chose qui a d’abord attiré notre oeil.

La Zénitude, c’est simplement profiter de ce que l’on a, des choses positives qui nous arrivent, du succès que l’on a pas trop cherché, apprécier la moindre couleur et voir les choses merveilleuses que nous offre la vie en prenant le temps de rire un peu de soi au travers tout ça.

 

Une simple image qui démarrera la prochaine séquence photographique et le prochain billet.

 

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L’obsession du temps …

Continuellement, on est en mouvement, on ne prend que rarement un temps d’arrêt …

Moi, je prends parfois de trop longs temps d’arrêt qui résultent en des images qui sont figées sur de longues minutes et non des fractions de secondes. C’est là que débute mon obsession du temps.

Quand il y a quelque temps j’imaginais de longues expositions, je pensais à 3 ou 10 ou même 15 secondes. En ce moment je parle plutôt de 6 ou 8 minutes, 13 parfois et ce en pleine journée, en pleine lumière. C’est fou ce que cela peut changer un paysage.

Derrière cette obsession, il y a une volonté, celle de montrer les paysages sous une autre forme, sous un autre temps. Une simple scène se transforme sous l’exposition exagérée.

 

Les outils nécessaires sont simples mais demandent une attention particulière. Il y a naturellement le trépied, le plus solide le mieux. Le fameux déclencheur idéalement sans contact ou sans fil pour éviter tout contact de bougé. Assurez vous que vous cachez bien l’oculaire pour les longues expositions afin d’éviter d’exposer la chambre d’exposition par le viseur. Il y a finalement les filtres. Je travaille principalement avec deux filtres, un Densité neutre ND400 (- 8 stops) et un ND 1000 (- 10 stops). Ceci me donne un pouvoir de -18 stops à partir de l’exposition régulière. Une scène exposée à 1/500 seconde une fois enlevé les 18 stop devient une à 8min et 44 secondes. Supposons un instant que j’étais à ISO 200 et f11, ceci donne la possibilité d’étirer l’exposition à 17 minutes si je passe à ISO 100. Vous allez dire, 17 minutes ?  Pourquoi ?

Pour aller chercher les mouvements dans les nuages, dans le ciel. Montrer le temps. Ceci permet également de belles surprises car il est à peu près impossible d’imaginer l’image avant de l’avoir capturée.

J’aime aussi beaucoup une application que j’ai trouvé sur le App Store pour mon iPhone. Elle s’appelle ND timer et permet de calculer l’exposition en superposant deux filtres sans avoir à faire d’erreurs de calculs car un mauvais calcul peut vous mener à 15 minutes au lien de 7.5 minutes et c’est 7.5 minutes qui aurait pu servir à capturer une autre image.

 

Quelques exemples … Ces images on été prises une à la suite de l’autre il y a quelques heures.

 

 

Une exposition à 1/800 de secondes …

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268 secondes ou 4.5 minutes

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467 secondes ou 7.8 minutes

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397 secondes ou 6.6 minutes

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Se retrouver dans la salle de classe …

Pendant plusieurs années, je me suis retrouvé dans une salle de classe à enseigner la photographie à des gens qui débutaient ou avec des experts qui voulaient approfondir leurs connaissances … Cette fois ci, je me suis retrouvé assis dans la salle en mode observation et apprentissage. Moi qui est habitué de parler, c’est un exercice difficile pour moi mais par respect pour les formateurs qui donnent les formations, je garde un silence presque parfait, presque …

Je me retrouve en mode apprentissage. Apprentissage sur le mode de formation de différents formateurs, de nouveaux espaces, de nouvelles techniques même. Je trouve cette expérience fascinante et rafraichissante … Je me suis retrouvé cette semaine dans la formation de l’un de mes collègues, Michel Jarry pour ne pas le nommer. Il animait une formation sur l’empilage photographique, un univers que je n’ai que très peu abordé. C’est tellement fascinant. Tout de suite après la formation, je me sentais comme une urgence de prendre un appareil photo et aller saisir des images avec les nouvelles techniques apprises. C’est ce qu’une formation devrait nous inspirer en principe. J’ai été piqué mais tellement piqué.

On est loin de la photo instantanée où un seul cliché créé l’image, ici, on parle de techniques de prises de vues multiples et complexes. Du hautement technique, je suis trop curieux d’essayer. À la maison, j’ai chargé les logiciels dont j’aurai besoin. En ce moment je cherche un sujet, même pour un test, je veux que ce soit beau.

Même si ce n’est pas extraordinaire comme image, je vais publier mon premier test. Une chose toutefois, j’ai hâte de retourner au deuxième atelier pratique dans 2 jours (2 Avril). La communication de la passion photographique est probablement ce qui motive le plus les gens. C’est aussi ce que j’essaye de transmettre quand je donne des formations ou des conférences.

Quand les gens nous remercient à la toute fin, c’est parce qu’ils se trouvent piqués par cette curiosité d’apprendre ou d’avoir appris quelque chose, c’est très gratifiant pour celui qui partage.

L’image que vous allez voir est composée de 32 images faites avec un objectif Macro AF-S Nikon Micro 60mm 2.8G @ f5.6 … Il est généralement impossible d’avoir autant de profondeur de champ dans une seule et même image spécialement avec f5.6. Les logiciels utilisés s’appellent Helicon Focus Remote pour la capture et Helicon Focus pour l’empilage.

 

cuiller socus stack 32 images

Tous ces fragiles voyageurs …

Nous avons presque perdu le Monarch, la presque toute population de ce merveilleux papillon a disparu en 2013 nous rappelant à quel point l’équilibre entre la vie et la mort est fragile.

 

La vie ne tiens que par un tout petit fil parfois, il est si facile de le laisser se couper à force de féroces abus de notre belle planète. À ce jour, 80% de la population de ce papillon s’est décimé. Tout cela en moins d’un an, le climat ayant été cruellement meurtrier pour ce fragile insecte. Il est pour moi le plus beau des papillons que nous ayons icic au Québec, peut-être parce qu’il est emblématique de ma jeunesse où je chassait les papillons au filet avant de les relâcher sans même les toucher. Tout jeune, j’étais fasciné par ces magnifiques insectes, ces éphémères transporteurs de vies, de pollen, d’oxygène …

À Montréal, toutes les années entre Février et Avril se déroule un événement au jardin botanique qui s’appelle: Papillons en liberté. Il y avait des années que j’y étais allé. Je me suis fait un devoir d’y aller cette année, je voulais revoir le Monarch de peur de ne plus jamais le croiser car l’été 2013 ne m’en a montré aucun.

 

J’en ai profité pour en photographier d’autres également, ils sont tous beaux …

 

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Quand donner le meilleur ne suffit plus …

2014 est arrivé comme à toutes les nouvelles années un 1er janvier encore cette fois.

Le début d’année marqué par des écarts de températures extrêmes (de – 33 à + 9 celcius) m’a montré cette année que personne n’est irremplaçable. C’est une phrase que j’ai répété et répété depuis des années. Je suis fervent croyant en cette phrase. Après 10 ans à donner et à se faire prendre, je me retrouve seul et ce sentiment en est un très amer. Mon employeur, pour qui j’ai le plus grand respect, a terminé mon emploi comme ça, en début 2014. On s’était juré mutuellement de tout se dire, j’aurai tout de même tenu mon pari, j’aurais apprécié que l’on fasse la même chose de l’autre côté. Je suis quelqu’un de profondément engagé, de fidèle, authentique, véridique, j’ai mes forces et mes faiblesses. Je considère que l’on a utilisé mes forces presque à outrance toutefois.

Je suis amer mais je reste positif, je connais ma valeur d’individu, je sais que quelqu’un va me tendre la main et va m’inviter chez lui pour prendre ce que j’ai à donner. Cet exercice est tout de même un moment de réflexion et me permet de faire le point sur ce que je veux vraiment.

Je suis loin d’être en train de me plaindre, ces 10 dernières années m’ont profité à moi également, j’en tire beaucoup de positif. J’ai rencontré des gens fantastiques, créé des amitiés, formé et  aidé des centaines de personnes et j’en suis très reconnaissant.

Le travail de d’artiste photographe ne permet pas que l’on vive de cette passion enfin, pas ici au Québec à pars quelques très rares exceptions. Il nous faut un boulot en plus des 30 à 40 heures que l’on consacre à notre art. Vous pensez que j’exagère, je vous assure, vous vous trompez. Les gens travaillent 35 à 40 heures dans une entreprise. Pour la photographie, si on en fait une passion ou un hobby, on y investira du temps variable selon les responsabilités que l’on a envers soi-même ou les autres. Si on le pratique comme métier, il faudra également y investir entre 35 et 40 heures semaine. Comme il est difficile d’en vivre, ajoutez ces heures à votre horaire du boulot de jour et vous avez un 70 heures bien meublés.

Je suis choyé de pouvoir me diversifier et aussi donner de la formation, des ateliers et des conférences. Malheureusement ce n’est pas suffisant , il faudra aussi passer du temps en analyse photo, en contacts pour les contrats, en prise de vues, développement de projets et tant d’autres choses. Je n’exagère pas, je n’oserais jamais. Bien répartir ses compétences est essentiel. La gloire n’est pas non plus gratuite. Il faudra prouver et prouver à nouveau que l’on suit bien l’évolution de la photographie, des nouvelles techniques, qu’on à les meilleures techniques, le plus impressionnant portfolio, le meilleur équipement etc etc etc …

Tout ça, ce n’est que la réalité d’une passion qui nous transporte, nous commande de continuer, nous force à nous dépasser. Même quand on donne le meilleur, parfois ça ne suffit plus.

 

Où aller, vers quel chemin continuer, comment aligner ce nouveau défi qui en est un de survie maintenant. Il faut continuer de se faire confiance.

Dans la vie, on a pas ce que l’on mérite mais plutôt ce que l’on a négocié.

 

Pour tout ceux qui aimeraient avoir un atelier personnalisé face à face (ceci peut aussi se faire via Skype donc au travers le monde), je serais heureux de pouvoir vous aider.

Simplement qu’à me contacter par courriel en privé pour un R-V et les tarifs.  yves.pinsonneault@yahoo.ca

 

Un petit et modeste coucher de soleil pour se réchauffer un peu.

 

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