L’obsession du temps …

Continuellement, on est en mouvement, on ne prend que rarement un temps d’arrêt …

Moi, je prends parfois de trop longs temps d’arrêt qui résultent en des images qui sont figées sur de longues minutes et non des fractions de secondes. C’est là que débute mon obsession du temps.

Quand il y a quelque temps j’imaginais de longues expositions, je pensais à 3 ou 10 ou même 15 secondes. En ce moment je parle plutôt de 6 ou 8 minutes, 13 parfois et ce en pleine journée, en pleine lumière. C’est fou ce que cela peut changer un paysage.

Derrière cette obsession, il y a une volonté, celle de montrer les paysages sous une autre forme, sous un autre temps. Une simple scène se transforme sous l’exposition exagérée.

 

Les outils nécessaires sont simples mais demandent une attention particulière. Il y a naturellement le trépied, le plus solide le mieux. Le fameux déclencheur idéalement sans contact ou sans fil pour éviter tout contact de bougé. Assurez vous que vous cachez bien l’oculaire pour les longues expositions afin d’éviter d’exposer la chambre d’exposition par le viseur. Il y a finalement les filtres. Je travaille principalement avec deux filtres, un Densité neutre ND400 (- 8 stops) et un ND 1000 (- 10 stops). Ceci me donne un pouvoir de -18 stops à partir de l’exposition régulière. Une scène exposée à 1/500 seconde une fois enlevé les 18 stop devient une à 8min et 44 secondes. Supposons un instant que j’étais à ISO 200 et f11, ceci donne la possibilité d’étirer l’exposition à 17 minutes si je passe à ISO 100. Vous allez dire, 17 minutes ?  Pourquoi ?

Pour aller chercher les mouvements dans les nuages, dans le ciel. Montrer le temps. Ceci permet également de belles surprises car il est à peu près impossible d’imaginer l’image avant de l’avoir capturée.

J’aime aussi beaucoup une application que j’ai trouvé sur le App Store pour mon iPhone. Elle s’appelle ND timer et permet de calculer l’exposition en superposant deux filtres sans avoir à faire d’erreurs de calculs car un mauvais calcul peut vous mener à 15 minutes au lien de 7.5 minutes et c’est 7.5 minutes qui aurait pu servir à capturer une autre image.

 

Quelques exemples … Ces images on été prises une à la suite de l’autre il y a quelques heures.

 

 

Une exposition à 1/800 de secondes …

008_2615

 

268 secondes ou 4.5 minutes

008_2627

 

 

467 secondes ou 7.8 minutes

008_2623

397 secondes ou 6.6 minutes

008_2622

Se retrouver dans la salle de classe …

Pendant plusieurs années, je me suis retrouvé dans une salle de classe à enseigner la photographie à des gens qui débutaient ou avec des experts qui voulaient approfondir leurs connaissances … Cette fois ci, je me suis retrouvé assis dans la salle en mode observation et apprentissage. Moi qui est habitué de parler, c’est un exercice difficile pour moi mais par respect pour les formateurs qui donnent les formations, je garde un silence presque parfait, presque …

Je me retrouve en mode apprentissage. Apprentissage sur le mode de formation de différents formateurs, de nouveaux espaces, de nouvelles techniques même. Je trouve cette expérience fascinante et rafraichissante … Je me suis retrouvé cette semaine dans la formation de l’un de mes collègues, Michel Jarry pour ne pas le nommer. Il animait une formation sur l’empilage photographique, un univers que je n’ai que très peu abordé. C’est tellement fascinant. Tout de suite après la formation, je me sentais comme une urgence de prendre un appareil photo et aller saisir des images avec les nouvelles techniques apprises. C’est ce qu’une formation devrait nous inspirer en principe. J’ai été piqué mais tellement piqué.

On est loin de la photo instantanée où un seul cliché créé l’image, ici, on parle de techniques de prises de vues multiples et complexes. Du hautement technique, je suis trop curieux d’essayer. À la maison, j’ai chargé les logiciels dont j’aurai besoin. En ce moment je cherche un sujet, même pour un test, je veux que ce soit beau.

Même si ce n’est pas extraordinaire comme image, je vais publier mon premier test. Une chose toutefois, j’ai hâte de retourner au deuxième atelier pratique dans 2 jours (2 Avril). La communication de la passion photographique est probablement ce qui motive le plus les gens. C’est aussi ce que j’essaye de transmettre quand je donne des formations ou des conférences.

Quand les gens nous remercient à la toute fin, c’est parce qu’ils se trouvent piqués par cette curiosité d’apprendre ou d’avoir appris quelque chose, c’est très gratifiant pour celui qui partage.

L’image que vous allez voir est composée de 32 images faites avec un objectif Macro AF-S Nikon Micro 60mm 2.8G @ f5.6 … Il est généralement impossible d’avoir autant de profondeur de champ dans une seule et même image spécialement avec f5.6. Les logiciels utilisés s’appellent Helicon Focus Remote pour la capture et Helicon Focus pour l’empilage.

 

cuiller socus stack 32 images

Tous ces fragiles voyageurs …

Nous avons presque perdu le Monarch, la presque toute population de ce merveilleux papillon a disparu en 2013 nous rappelant à quel point l’équilibre entre la vie et la mort est fragile.

 

La vie ne tiens que par un tout petit fil parfois, il est si facile de le laisser se couper à force de féroces abus de notre belle planète. À ce jour, 80% de la population de ce papillon s’est décimé. Tout cela en moins d’un an, le climat ayant été cruellement meurtrier pour ce fragile insecte. Il est pour moi le plus beau des papillons que nous ayons icic au Québec, peut-être parce qu’il est emblématique de ma jeunesse où je chassait les papillons au filet avant de les relâcher sans même les toucher. Tout jeune, j’étais fasciné par ces magnifiques insectes, ces éphémères transporteurs de vies, de pollen, d’oxygène …

À Montréal, toutes les années entre Février et Avril se déroule un événement au jardin botanique qui s’appelle: Papillons en liberté. Il y avait des années que j’y étais allé. Je me suis fait un devoir d’y aller cette année, je voulais revoir le Monarch de peur de ne plus jamais le croiser car l’été 2013 ne m’en a montré aucun.

 

J’en ai profité pour en photographier d’autres également, ils sont tous beaux …

 

008_1645

008_1698

008_1804

008_1739

008_1772

008_1989

008_1939

008_2013

008_1639

008_1880

008_1856

008_2098

008_1957

 

 

Quand donner le meilleur ne suffit plus …

2014 est arrivé comme à toutes les nouvelles années un 1er janvier encore cette fois.

Le début d’année marqué par des écarts de températures extrêmes (de – 33 à + 9 celcius) m’a montré cette année que personne n’est irremplaçable. C’est une phrase que j’ai répété et répété depuis des années. Je suis fervent croyant en cette phrase. Après 10 ans à donner et à se faire prendre, je me retrouve seul et ce sentiment en est un très amer. Mon employeur, pour qui j’ai le plus grand respect, a terminé mon emploi comme ça, en début 2014. On s’était juré mutuellement de tout se dire, j’aurai tout de même tenu mon pari, j’aurais apprécié que l’on fasse la même chose de l’autre côté. Je suis quelqu’un de profondément engagé, de fidèle, authentique, véridique, j’ai mes forces et mes faiblesses. Je considère que l’on a utilisé mes forces presque à outrance toutefois.

Je suis amer mais je reste positif, je connais ma valeur d’individu, je sais que quelqu’un va me tendre la main et va m’inviter chez lui pour prendre ce que j’ai à donner. Cet exercice est tout de même un moment de réflexion et me permet de faire le point sur ce que je veux vraiment.

Je suis loin d’être en train de me plaindre, ces 10 dernières années m’ont profité à moi également, j’en tire beaucoup de positif. J’ai rencontré des gens fantastiques, créé des amitiés, formé et  aidé des centaines de personnes et j’en suis très reconnaissant.

Le travail de d’artiste photographe ne permet pas que l’on vive de cette passion enfin, pas ici au Québec à pars quelques très rares exceptions. Il nous faut un boulot en plus des 30 à 40 heures que l’on consacre à notre art. Vous pensez que j’exagère, je vous assure, vous vous trompez. Les gens travaillent 35 à 40 heures dans une entreprise. Pour la photographie, si on en fait une passion ou un hobby, on y investira du temps variable selon les responsabilités que l’on a envers soi-même ou les autres. Si on le pratique comme métier, il faudra également y investir entre 35 et 40 heures semaine. Comme il est difficile d’en vivre, ajoutez ces heures à votre horaire du boulot de jour et vous avez un 70 heures bien meublés.

Je suis choyé de pouvoir me diversifier et aussi donner de la formation, des ateliers et des conférences. Malheureusement ce n’est pas suffisant , il faudra aussi passer du temps en analyse photo, en contacts pour les contrats, en prise de vues, développement de projets et tant d’autres choses. Je n’exagère pas, je n’oserais jamais. Bien répartir ses compétences est essentiel. La gloire n’est pas non plus gratuite. Il faudra prouver et prouver à nouveau que l’on suit bien l’évolution de la photographie, des nouvelles techniques, qu’on à les meilleures techniques, le plus impressionnant portfolio, le meilleur équipement etc etc etc …

Tout ça, ce n’est que la réalité d’une passion qui nous transporte, nous commande de continuer, nous force à nous dépasser. Même quand on donne le meilleur, parfois ça ne suffit plus.

 

Où aller, vers quel chemin continuer, comment aligner ce nouveau défi qui en est un de survie maintenant. Il faut continuer de se faire confiance.

Dans la vie, on a pas ce que l’on mérite mais plutôt ce que l’on a négocié.

 

Pour tout ceux qui aimeraient avoir un atelier personnalisé face à face (ceci peut aussi se faire via Skype donc au travers le monde), je serais heureux de pouvoir vous aider.

Simplement qu’à me contacter par courriel en privé pour un R-V et les tarifs.  yves.pinsonneault@yahoo.ca

 

Un petit et modeste coucher de soleil pour se réchauffer un peu.

 

008_1243-2

La photographie tout comme la vie …

Tout comme dans la vie, la photographie nous permet de choisir de courtes ou de longues expositions.

Par moment, dans la vie, on voudrait les moments tristes les plus courts possibles et les moments de joies les plus longs voir infinis. On expose d’une certaine manière notre bonheur, on expose nos émotions et parfois même, on les cache avec des filtres pour continuer sans que rien ne paraisse trop autours de nous.

Les moments de purs bonheurs sont parfois trop courts mais s’ils étaient longs, on finirait par ne plus les apprécier. Ce qui est important, c’est de tirer une leçon de chacun des moments que l’on vit.

En photographie, il faut faire de même, si l’exposition n’a pas permis de tirer la bonne lumière, le bon mouvement, il faut revisiter et recommencer, c’est le secret.

Les filtres sont des outils redoutables en photographie. S’exposeront ici des images prises entre 30 secondes et 6 minutes et ce, en plein jour grâce à des filtres de densité neutres variant entre 10 et 18 stops (combinaison de 2 filtres).

La chose à ne pas prendre pour acquis, il faut de la patience, beaucoup de patience. Comme dans la vie …

 

 

Il y a un mélange de noir et blanc pour certaines images, ces sont des images qui ont été converties en logiciel.

 

006_8349

 

006_8348B&W

 

006_8348

 

006_8345color

 

006_8349B&W

 

006_8345

 

006_8333nx2

 

006_8332nx2

 

 

L’automne, la saison triste …

Ironiquement, elle nous donne les plus belles couleurs mais beaucoup considèrent l’automne comme la saison triste. Elle est la transition entre la chaleur et le froid, entre les les longues journées et les trop courtes journées d’ensoleillement, entre les arbres qui sont éveillés et les arbres endormis.

Je ne sais pas où je me situe réellement dans cette logique, je sais toutefois que je raffole de cette frénésie de couleurs toutes plus intenses les unes que les autres. Oui, cette saison me rend aussi parfois nostalgique mais plutôt vers novembre. En Octobre, je lui vole des images qui me rappellent que je suis dans mon Québec de variétés, de changements, de frénésies, d’espaces mais également un pays où les hivers sont tout aussi beaux que les automnes.

Plus techniquement, l’automne et est jaunes, oranges et rouges écarlates nous demandent une attention particulières au niveau de l’exposition. Les couleurs chaudes sont souvent mal gérées dans l’appareil photo, faute de l’appareil naturellement. Il faut savoir bien contourner cette situation en omettant d’y aller avec un équilibre des blancs plus froid sensiblement mais il faut aussi faire attention à ne pas cramer le bleu du ciel :-)

Pourquoi n’est pas simple ? Afin de bien vous faire apprécier à mon avis, tout simplement. Dans deux semaines, il n’y aura plus que des arbres défoliés, sortez au moins une fois pour vous nourrir de ces couleurs intenses et profiter que quelques moments chauds, cette année 2013 nous gâte en ce moment …

Bonne photo …

 

006_7846

006_7853

006_7861

006_7866

006_7872

006_7876

006_7877

006_7879

006_7621

006_7634

006_7639

006_7648

006_7895