Avant et après …

Souvent les gens me demandent ce qui me motive dans la création d’une image en longue exposition …

Je pense que la réponse se trouve dans la surprise et le momentum de cette phase de création. Souvent, l’image ne ressemble en rien àa ce que j’avais anticipé au départ ce qui lui donne un charme particulier.

L’autre aspect est celui du défi de réussir parfois une image qu’il sera impossible à refaire plus tard. En couchers de soleil, souvent, on a qu’une seule chance de réussir sa longue exposition surtout si elle s’avère longue de plus de 5 minutes.

5 Minutes me direz vous ? Oui, il n’est pas rare que je fasse des expositions de 8 ou même 12 minutes. J’aime les surprises même si je n’aime pas toujours l’attente de l’image. Je travaille quelque chose en moi qui s’appelle la la patience …

Je ne le fais pas assez souvent mais je devrais comparer systématiquement une image à courte exposition avec une longue côte à côte. C’est àa ce moment que l’on apprécie le plus le travail que l’on vient tout juste de créer dans la caméra

C’est là que j’aime faire mes images, dans la caméra. Je suis comme tout le monde, j’utilise les logiciels à ma disposition mais je travaille passablement plus fort dans la caméra que dans le logiciel. C’est un choix que je m’impose et je n’en veux pas à ceux qui voient cela différemment non plus. Chacun ses intentions.

Celle de gauche à 1/250 de seconde, l’autre … 6 minutes et 10 secondes …

 

à vous de juger :-)

008_4173 008_4170

Laisser filer le temps …

La patience en photographie est sans doute l’aspect le plus négligé. L’autre, c’est la pratique qui en fait est directement liée à la patience. Les photographes décidément ne veulent pas toujours prendre le temps pour faire des images.

À ce moment de ma vie, je chemine en mode prendre le temps … Prendre le temps de regarder, de préparer ma scène, préparer les ajustements (qui changent peu une fois la recette trouvée), laisser le temps à l’appareil de capturer l’image en toute patience et laisser l’appareil traiter l’image également. Oui, il faut autant de temps à l’appareil pour traiter l’image tout juste capturée que la capture elle même … Imaginez un instant, une exposition de 6 minutes, le temps pour apprécier l’image est donc de 12 minutes. Pourquoi direz vous ? Dans plusieurs appareils, comme le capteur expose pour une longue période de temps, il chauffe et charge électriquement les pixels. Ceci à pour effet de colorer ou surcharger d’énergie certains pixels. Le traitement corrige ce défaut en superposant par dessus l’image capturée une photo au noir contenant les informations de bruit. Le traitement de superposition annule ainsi 98% des pixels nuisibles et rends l’image parfaitement utilisable.

Avantage: Qualité d’image.

Désavantage: Difficile sur l’accumulateur (pile) et très long à traiter, caméra inutilisable durant.

Humblement, quelques longues expositions entres 3 et 16 minutes en plein jour.

Un trépied avec une tête Arca Swiss et une « L » Bracket montée sur la Nikon D800

Les filtres utilisés sont des B+W -10 stops et -6 stops parfois superposés.

008_4133 008_3910 008_3983 008_4159_60_61_62_63_64_65_tonemapped 008_4170 008_4137 008_3840 008_4000 008_3994 008_3955 008_3971 008_3983color 008_3985color 008_3916_1 008_3915

Bonne photo :-)

À la mémoire de …

Avec l’été qui se pointe enfin, la photographie reprend de plus belle chez les amateurs de ce loisir, cette passion pour certains.

À chaque début d’été, je ne peux m’empêcher de penser que cette saison m’aura volé mon meilleur ami, celui là même qui m’aura appris à faire correctement de la photographie. Tout seul dans ce projet, j’aurais probablement abandonné.

C’est fou comme le chagrin et les souvenirs reviennent même après toutes ces années. Avec lui s’est éteint une partie de moi. C’est d’une lourdeur affreuse, d’une tristesse monstrueuse fort heureusement, j’ai gardé des souvenirs de ce jeune homme qui sont gravés dans ma mémoire à tout jamais.

S’il était avec nous, avec cette technologie qui nous envahi, il serait passé d’un esprit créatif à un esprit qui livre ses créations.

Je lui doit tout mis à part mon acharnement mais même ça, il me l’a transmis. Quand on courrait au laboratoire pour aller récupérer nos diapositives et que l’on installait nos dispos sur la table lumineuses, il mettait parfois pratiquement tout à la poubelle sauf une ou deux sur les 36 ou 38 d’origine. Il m’a aider à développer mon esprit critique, à voir différemment, à respecter ou revoir certaines règles de base, il m’a tout simplement transmis sa passion, chose dont je lui suis infiniment reconnaissant.

Ce billet n’est pas un hommage, plutôt une manière de dire, je ne t’ai pas oublié. Comment pourrais-je oublier.

L’eau et l’été m’auront simplement volé mon best buddy …

 

008_2990

Zénitude, l’étude de la Zénité …

J’invente des mots, souvent parce que j’aime comment ils sonnent en les prononçant.

Rien n’arrive pour rien, cette phrase prend tout son sens le plus équivoque depuis le début de 2014.

Changements par dessus changements, hauts et bas, riche et pauvre, souvent déstabilisé mais toujours debout. J’ai découvert que j’apprécie de plus en plus les choses qui ne me stressent pas. Je n’avait pas cette lucidité auparavant. J’ai passé beaucoup d’heures à écouter dernièrement, plus qu’à parler. J’ai beaucoup regardé et admiré, plus que photographié. La chose qui me frappe le plus dans cette prise de conscience, c’est que je me permet d’être en contrôle même quand je suis hors contrôle. Une sorte de paix m’habite, je dirais qu’autrefois, l’absence de stress me stressait, je sais, je suis mal fait.

Un constat que j’ai fait dernièrement, l’équilibre a tellement meilleur goût que les montagnes russes. Le corps se détend tellement plus facilement, les douleurs ou les petits bobos sont plus tolérables. Plus que jamais, je crois que les choses nous arrivent au moment où l’on s’y attend le moins. Il faut simplement ouvrir le canal pour que ces choses nous rejoignent. Un peu comme les images, il faut apprendre à regarder en gardant le focus sur la chose qui a d’abord attiré notre oeil.

La Zénitude, c’est simplement profiter de ce que l’on a, des choses positives qui nous arrivent, du succès que l’on a pas trop cherché, apprécier la moindre couleur et voir les choses merveilleuses que nous offre la vie en prenant le temps de rire un peu de soi au travers tout ça.

 

Une simple image qui démarrera la prochaine séquence photographique et le prochain billet.

 

008_2812

L’obsession du temps …

Continuellement, on est en mouvement, on ne prend que rarement un temps d’arrêt …

Moi, je prends parfois de trop longs temps d’arrêt qui résultent en des images qui sont figées sur de longues minutes et non des fractions de secondes. C’est là que débute mon obsession du temps.

Quand il y a quelque temps j’imaginais de longues expositions, je pensais à 3 ou 10 ou même 15 secondes. En ce moment je parle plutôt de 6 ou 8 minutes, 13 parfois et ce en pleine journée, en pleine lumière. C’est fou ce que cela peut changer un paysage.

Derrière cette obsession, il y a une volonté, celle de montrer les paysages sous une autre forme, sous un autre temps. Une simple scène se transforme sous l’exposition exagérée.

 

Les outils nécessaires sont simples mais demandent une attention particulière. Il y a naturellement le trépied, le plus solide le mieux. Le fameux déclencheur idéalement sans contact ou sans fil pour éviter tout contact de bougé. Assurez vous que vous cachez bien l’oculaire pour les longues expositions afin d’éviter d’exposer la chambre d’exposition par le viseur. Il y a finalement les filtres. Je travaille principalement avec deux filtres, un Densité neutre ND400 (- 8 stops) et un ND 1000 (- 10 stops). Ceci me donne un pouvoir de -18 stops à partir de l’exposition régulière. Une scène exposée à 1/500 seconde une fois enlevé les 18 stop devient une à 8min et 44 secondes. Supposons un instant que j’étais à ISO 200 et f11, ceci donne la possibilité d’étirer l’exposition à 17 minutes si je passe à ISO 100. Vous allez dire, 17 minutes ?  Pourquoi ?

Pour aller chercher les mouvements dans les nuages, dans le ciel. Montrer le temps. Ceci permet également de belles surprises car il est à peu près impossible d’imaginer l’image avant de l’avoir capturée.

J’aime aussi beaucoup une application que j’ai trouvé sur le App Store pour mon iPhone. Elle s’appelle ND timer et permet de calculer l’exposition en superposant deux filtres sans avoir à faire d’erreurs de calculs car un mauvais calcul peut vous mener à 15 minutes au lien de 7.5 minutes et c’est 7.5 minutes qui aurait pu servir à capturer une autre image.

 

Quelques exemples … Ces images on été prises une à la suite de l’autre il y a quelques heures.

 

 

Une exposition à 1/800 de secondes …

008_2615

 

268 secondes ou 4.5 minutes

008_2627

 

 

467 secondes ou 7.8 minutes

008_2623

397 secondes ou 6.6 minutes

008_2622

Se retrouver dans la salle de classe …

Pendant plusieurs années, je me suis retrouvé dans une salle de classe à enseigner la photographie à des gens qui débutaient ou avec des experts qui voulaient approfondir leurs connaissances … Cette fois ci, je me suis retrouvé assis dans la salle en mode observation et apprentissage. Moi qui est habitué de parler, c’est un exercice difficile pour moi mais par respect pour les formateurs qui donnent les formations, je garde un silence presque parfait, presque …

Je me retrouve en mode apprentissage. Apprentissage sur le mode de formation de différents formateurs, de nouveaux espaces, de nouvelles techniques même. Je trouve cette expérience fascinante et rafraichissante … Je me suis retrouvé cette semaine dans la formation de l’un de mes collègues, Michel Jarry pour ne pas le nommer. Il animait une formation sur l’empilage photographique, un univers que je n’ai que très peu abordé. C’est tellement fascinant. Tout de suite après la formation, je me sentais comme une urgence de prendre un appareil photo et aller saisir des images avec les nouvelles techniques apprises. C’est ce qu’une formation devrait nous inspirer en principe. J’ai été piqué mais tellement piqué.

On est loin de la photo instantanée où un seul cliché créé l’image, ici, on parle de techniques de prises de vues multiples et complexes. Du hautement technique, je suis trop curieux d’essayer. À la maison, j’ai chargé les logiciels dont j’aurai besoin. En ce moment je cherche un sujet, même pour un test, je veux que ce soit beau.

Même si ce n’est pas extraordinaire comme image, je vais publier mon premier test. Une chose toutefois, j’ai hâte de retourner au deuxième atelier pratique dans 2 jours (2 Avril). La communication de la passion photographique est probablement ce qui motive le plus les gens. C’est aussi ce que j’essaye de transmettre quand je donne des formations ou des conférences.

Quand les gens nous remercient à la toute fin, c’est parce qu’ils se trouvent piqués par cette curiosité d’apprendre ou d’avoir appris quelque chose, c’est très gratifiant pour celui qui partage.

L’image que vous allez voir est composée de 32 images faites avec un objectif Macro AF-S Nikon Micro 60mm 2.8G @ f5.6 … Il est généralement impossible d’avoir autant de profondeur de champ dans une seule et même image spécialement avec f5.6. Les logiciels utilisés s’appellent Helicon Focus Remote pour la capture et Helicon Focus pour l’empilage.

 

cuiller socus stack 32 images

Tous ces fragiles voyageurs …

Nous avons presque perdu le Monarch, la presque toute population de ce merveilleux papillon a disparu en 2013 nous rappelant à quel point l’équilibre entre la vie et la mort est fragile.

 

La vie ne tiens que par un tout petit fil parfois, il est si facile de le laisser se couper à force de féroces abus de notre belle planète. À ce jour, 80% de la population de ce papillon s’est décimé. Tout cela en moins d’un an, le climat ayant été cruellement meurtrier pour ce fragile insecte. Il est pour moi le plus beau des papillons que nous ayons icic au Québec, peut-être parce qu’il est emblématique de ma jeunesse où je chassait les papillons au filet avant de les relâcher sans même les toucher. Tout jeune, j’étais fasciné par ces magnifiques insectes, ces éphémères transporteurs de vies, de pollen, d’oxygène …

À Montréal, toutes les années entre Février et Avril se déroule un événement au jardin botanique qui s’appelle: Papillons en liberté. Il y avait des années que j’y étais allé. Je me suis fait un devoir d’y aller cette année, je voulais revoir le Monarch de peur de ne plus jamais le croiser car l’été 2013 ne m’en a montré aucun.

 

J’en ai profité pour en photographier d’autres également, ils sont tous beaux …

 

008_1645

008_1698

008_1804

008_1739

008_1772

008_1989

008_1939

008_2013

008_1639

008_1880

008_1856

008_2098

008_1957