Où est passée notre innocence …

Depuis quelque temps, je visite et entretien mes disques durs d’archivage. Ceci dit, il est primordial de bien protéger les images que l’on a capturé sur un média externe qui ne sert qu’à l’archivage. Plusieurs copient les données de l’ordinateur sur des disques qu’ils utilisent au quotidien. Sachez qu’un disque dur a une durée de vie, quand je copie des images à mes disques durs, je m’assure de les déconnecter une fois cette opération terminée afin d’en protéger la longévité.

Donc, je disais, je faisais la visite de mes vieilles images, mes archives et inévitablement, je suis tombé sur des images de ma grande fille qui a aujourd’hui 14 ans. Comme le temps passe, comme les années en arrière sont précieuses, comme ce contact avec l’enfance si pure est précieux. Je me souviens des premiers instants où j’ai porté ma fille dans mes bras, où je l’ai instantanément aimé et adoré même, où j’ai laissé aller la rivière de sentiments qui m’habitait. Quels moments forts et précieux, quels souvenirs d’une épisode de ma vie que je n’oublierai jamais.

Où est passé cette innocence, celle où nos enfants nous regardent avec ce regard si pur, pas encore souillé par la vie et mécréante … Où sont allé ces années ?? On ne peut être autre chose qu’un guide pour nos enfants, un phare où ils choisissent de s’inspirer, s’abreuver à l’occasion. La vie de nos enfants nous est temporairement offerte et on ne doit jamais l’oublier. Ils sont et seront leur propre personne avec leurs idées, leurs objectifs et leurs idéaux. On se sentira parfois bafoués, mis de côté, abandonnés par eux mais ils seront toujours nos enfants.

À un moment donné, ma fille Arianne était ma compagne de sortie photo. Je l’amenais avec moi jusque dans mes contrats où il m’était possible de le faire, Elle m’aura suivi en voiture, en carrosse, à pied sur de longues distances parfois et un jour, elle a elle même été vers mon sac photo, elle a choisi un appareil, regardé au travers le viseur et capturé des images et parfaitement à l’horizon ce qui, pour plusieurs photographes n’est pas encore tout à fait acquis :-)
Elle avait 3 ans …

Cet appareil lui appartient aujourd’hui, même si elle l’utilise peu. Les iPhones de ce monde sont tellement plus portatifs et plus  » cool  » en 2015  … Reste que cet appareil et ses objectifs sont toujours là si elle en a envie.

Je nous imagine, plus tard, elle et moi, en sortie photo, elle avec son appareil, moi avec les miens et c’est une très douce pensée. Je n’ai jamais forcé ma fille à faire de la photo, j’ai à l’occasion insisté pour qu’elle m’accompagne dehors, bref n’importe où ailleurs que devant un poste de télévision … J’aurai contribué à lui donner un peu d’innocence, beaucoup de de passion et surtout BEAUCOUP D’AMOUR …

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Paysages colorés en Noir et Blanc

Quelle drôle d’idée de photographier en Noir & Blanc ce qui est majestueux en couleur …

 

La vérité, j’adore le N&B, cela coïncide avec mes débuts en photographie au début des années 70. J’ai une réelle affection pour les gradations de gris dans des scènes où les couleurs sont habituellement intenses. Le haut contraste donne beaucoup de caractère aux images, permettent de ne pas être distrait par la couleur, mieux apprécier la composition et rend souvent l’image intemporelle. Je suis très accroché au N&B pour la texture également, pour les possibilités innombrables que ces images offrent.

Dans beaucoup de cas, je capture les images en noir et blanc directement dans la caméra, je ne mesure pas la lumière de la même manière, exagérant souvent à outrance les contrastes. Je suis encore déçu qu’à ce jour, ni Photoshop, ni Lightroom ne me laisse ouvrir mes images en noir et blanc. Parce que je suis Nikonien, j’ouvre donc ces images dans un logiciel propriétaire pour conserver mes paramètres N&B fait en caméra.

Naturellement, j’aime aussi la couleur, je mentirais si je disais le contraire, j’aime en fait toutes les nuances. En couleur, je me rabat parfois sur l’exagération des couleurs pour faire oublier une pauvre composition. Ce truc fonctionne passablement moins bien en N&B, la composition et le contraste faisant pièces intégrantes de l’image.

Dans le cas des images qui suivent, ce sont de bêtes conversions de la couleur au noir et blanc que j’ai appliqué via Photoshop ou Lightroom. Voyez vous, j’ai beaucoup de temps devant moi car je suis en convalescence suite à un bête accident qui me laisse invalide pour les prochains mois. Par chance, j’ai beaucoup d’images dans mon portable. Je suis donc allé revisiter un voyage que j’avais fait en Californie et au Nevada il y a 2 ans, je me suis amusé à revisiter mes images favorites. J’ai eu bien du plaisir à convertir certaines de ces images. J’aime aussi beaucoup le portrait en N&B, j’y reviendrai avec intérêt quoique dans ce cas, beaucoup d’images sont déjà capturé en noie et blanc.

Comme d’habitude, c’est un plaisir de partager avec vous, lire vos commentaires et si le coeur vous en dit, partagez avec vos contacts.

 

Cordialement

 

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Pourquoi vous photographiez ?

C’est la question que le me demande le plus souvent avec qu’est ce que vous photographiez ?

 

Pourquoi je photographie ? Pour me libérer je crois, pour créer, pour me garder en vie. Qu’on se le dise, à très peu d’exceptions, la photographie, en tant que photographe, fait vivre très peu de gens. Alors pourquoi continuer ? Pour les raisons mentionnées précédemment mais surtout pour me garder en vie. Quand la passion ou la vision change, c’est comme un appel à regarder autrement. C’est tellement cyclique et en prenant de l’âge, tellement plus fréquent.

Autre que les choses que l’on fait machinalement comme manger, dormir, se lever pour le boulot, nos passions nous habitent et nous dictent tant de choses quand on sait les écouter. Je trouve qu’il est parfois difficile de me renouveler en photographie. Renouveler ma galerie d’images par exemple, pas que je me plaignes, j’ai plusieurs images que j’aime bien mais je cherche ce que je pourrais faire de différent. Et oui, même après presque 40 ans de photographie, je regarde ce que j’ai manqué ou que j’aurais pu faire différemment. Je le fais toutefois pour moi. Déjà, travailler pour les autres nous place en quelque sorte dans un carcan, quand je le fais pour moi, je ne veux pas me mettre de pression et c’est ce qui fait qu’à l’occasion, je reviens sans images après une sortie. J’ajouterais, ce n’est pas rare. Autrefois, je me sentais mal de revenir sans images, maintenant, je ne déclenche plus pour rien. Il faut que je le sente.

La photographie reste pour beaucoup une recherche de la lumière, du sujet, du moment. Je constate que de plus en plus pour moi, c’est une recherche de moi-même, un message que je cherche à passer, à partager. L’introspection est le cadeau que je m’offre. En m’ouvrant un peu plus, les sujets semblent venir à moi plus que moi je vais à eux. Remarquez, j’ai toujours un plaisir fou à courir après une image ou un concept, ne faut pas seulement être paresseux …

Comme nous sommes des être vivant en société, certains sont aussi plus sociables que d’autres, la photographie devient un véhicule d’expression mais il faut d’abord le faire pour soi. Si on a la chance d’avoir à ses côtés un ou une partenaire qui aime photographier ou mieux encore, se faire photographier, c’est une belle occasion de faire fructifier ses intérêts :-)

Il faut apprendre à regarder autrement, pas seulement en fonction des règles qui existent. Oser regarder différemment …

Photographier est en quelque sorte viscéral.

Avant et après …

Souvent les gens me demandent ce qui me motive dans la création d’une image en longue exposition …

Je pense que la réponse se trouve dans la surprise et le momentum de cette phase de création. Souvent, l’image ne ressemble en rien àa ce que j’avais anticipé au départ ce qui lui donne un charme particulier.

L’autre aspect est celui du défi de réussir parfois une image qu’il sera impossible à refaire plus tard. En couchers de soleil, souvent, on a qu’une seule chance de réussir sa longue exposition surtout si elle s’avère longue de plus de 5 minutes.

5 Minutes me direz vous ? Oui, il n’est pas rare que je fasse des expositions de 8 ou même 12 minutes. J’aime les surprises même si je n’aime pas toujours l’attente de l’image. Je travaille quelque chose en moi qui s’appelle la la patience …

Je ne le fais pas assez souvent mais je devrais comparer systématiquement une image à courte exposition avec une longue côte à côte. C’est àa ce moment que l’on apprécie le plus le travail que l’on vient tout juste de créer dans la caméra

C’est là que j’aime faire mes images, dans la caméra. Je suis comme tout le monde, j’utilise les logiciels à ma disposition mais je travaille passablement plus fort dans la caméra que dans le logiciel. C’est un choix que je m’impose et je n’en veux pas à ceux qui voient cela différemment non plus. Chacun ses intentions.

Celle de gauche à 1/250 de seconde, l’autre … 6 minutes et 10 secondes …

 

à vous de juger :-)

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Laisser filer le temps …

La patience en photographie est sans doute l’aspect le plus négligé. L’autre, c’est la pratique qui en fait est directement liée à la patience. Les photographes décidément ne veulent pas toujours prendre le temps pour faire des images.

À ce moment de ma vie, je chemine en mode prendre le temps … Prendre le temps de regarder, de préparer ma scène, préparer les ajustements (qui changent peu une fois la recette trouvée), laisser le temps à l’appareil de capturer l’image en toute patience et laisser l’appareil traiter l’image également. Oui, il faut autant de temps à l’appareil pour traiter l’image tout juste capturée que la capture elle même … Imaginez un instant, une exposition de 6 minutes, le temps pour apprécier l’image est donc de 12 minutes. Pourquoi direz vous ? Dans plusieurs appareils, comme le capteur expose pour une longue période de temps, il chauffe et charge électriquement les pixels. Ceci à pour effet de colorer ou surcharger d’énergie certains pixels. Le traitement corrige ce défaut en superposant par dessus l’image capturée une photo au noir contenant les informations de bruit. Le traitement de superposition annule ainsi 98% des pixels nuisibles et rends l’image parfaitement utilisable.

Avantage: Qualité d’image.

Désavantage: Difficile sur l’accumulateur (pile) et très long à traiter, caméra inutilisable durant.

Humblement, quelques longues expositions entres 3 et 16 minutes en plein jour.

Un trépied avec une tête Arca Swiss et une « L » Bracket montée sur la Nikon D800

Les filtres utilisés sont des B+W -10 stops et -6 stops parfois superposés.

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Bonne photo :-)

À la mémoire de …

Avec l’été qui se pointe enfin, la photographie reprend de plus belle chez les amateurs de ce loisir, cette passion pour certains.

À chaque début d’été, je ne peux m’empêcher de penser que cette saison m’aura volé mon meilleur ami, celui là même qui m’aura appris à faire correctement de la photographie. Tout seul dans ce projet, j’aurais probablement abandonné.

C’est fou comme le chagrin et les souvenirs reviennent même après toutes ces années. Avec lui s’est éteint une partie de moi. C’est d’une lourdeur affreuse, d’une tristesse monstrueuse fort heureusement, j’ai gardé des souvenirs de ce jeune homme qui sont gravés dans ma mémoire à tout jamais.

S’il était avec nous, avec cette technologie qui nous envahi, il serait passé d’un esprit créatif à un esprit qui livre ses créations.

Je lui doit tout mis à part mon acharnement mais même ça, il me l’a transmis. Quand on courrait au laboratoire pour aller récupérer nos diapositives et que l’on installait nos dispos sur la table lumineuses, il mettait parfois pratiquement tout à la poubelle sauf une ou deux sur les 36 ou 38 d’origine. Il m’a aider à développer mon esprit critique, à voir différemment, à respecter ou revoir certaines règles de base, il m’a tout simplement transmis sa passion, chose dont je lui suis infiniment reconnaissant.

Ce billet n’est pas un hommage, plutôt une manière de dire, je ne t’ai pas oublié. Comment pourrais-je oublier.

L’eau et l’été m’auront simplement volé mon best buddy …

 

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Zénitude, l’étude de la Zénité …

J’invente des mots, souvent parce que j’aime comment ils sonnent en les prononçant.

Rien n’arrive pour rien, cette phrase prend tout son sens le plus équivoque depuis le début de 2014.

Changements par dessus changements, hauts et bas, riche et pauvre, souvent déstabilisé mais toujours debout. J’ai découvert que j’apprécie de plus en plus les choses qui ne me stressent pas. Je n’avait pas cette lucidité auparavant. J’ai passé beaucoup d’heures à écouter dernièrement, plus qu’à parler. J’ai beaucoup regardé et admiré, plus que photographié. La chose qui me frappe le plus dans cette prise de conscience, c’est que je me permet d’être en contrôle même quand je suis hors contrôle. Une sorte de paix m’habite, je dirais qu’autrefois, l’absence de stress me stressait, je sais, je suis mal fait.

Un constat que j’ai fait dernièrement, l’équilibre a tellement meilleur goût que les montagnes russes. Le corps se détend tellement plus facilement, les douleurs ou les petits bobos sont plus tolérables. Plus que jamais, je crois que les choses nous arrivent au moment où l’on s’y attend le moins. Il faut simplement ouvrir le canal pour que ces choses nous rejoignent. Un peu comme les images, il faut apprendre à regarder en gardant le focus sur la chose qui a d’abord attiré notre oeil.

La Zénitude, c’est simplement profiter de ce que l’on a, des choses positives qui nous arrivent, du succès que l’on a pas trop cherché, apprécier la moindre couleur et voir les choses merveilleuses que nous offre la vie en prenant le temps de rire un peu de soi au travers tout ça.

 

Une simple image qui démarrera la prochaine séquence photographique et le prochain billet.

 

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