LA SURPRISE …

Il y a déjà bien longtemps, dans les années 70, il y avait une technique photographique que j’utilisais lorsque j’étais à cours d’idées. Cette technique s’appelle la photographie en infrarouge.

Elle permet une image où on restreint le spectre lumineux en ne laissant passer que certaines fréquences de lumières dites « invisibles ». C’était à l’époque de la pellicule, on trouvait quelques films et cassettes diapositives pour s’y exercer. J’avoue, peu, très peu d’images voyaient le jour, l’exposition y était complexe et le résultat n’arrivait que la semaine suivante.

Je m’y suis remis avec la venue du numérique, en 2002 avec un Sony DSC-F707 puis avec les appareils reflex Nikon D1x, D70, D2H, D100 et d’autres également et ce, jusqu’en 2007 où soudainement, la fabrication des appareils modernes rendait ce type de photographie presqu’impossible car les capteurs numériques étaient protégés par un filtre qui allait à l’opposé de cette technique et qui bloquait les fréquences infrarouges.

Seuls les photographes prêts à sacrifier un appareil en le faisant convertir pouvaient y arriver avec succès. Ce processus est irréversible d’ailleurs, une fois convertie, la caméra ne prendra que des images en IR (infrarouge) dans le futur.

Toutes ces années, j’ai conservé mon filtre infrarouge qui me servait avec mes premières caméras numériques. La semaine dernière, j’ai décidé de renouer avec cette technique. J’ai sorti mon filtre Hoya R72 58mm et le l’ai monté sur mon Fujifilm X-T2 + Fujinon 14mm 2.8, on va bien voir.

Sans entrer dans une multitude de détails sur la technique, j’ai préparé ma caméra et j’ai essayé pour me convaincre que c’était peine perdue. SURPRISE … La caméra et objectif ont parfaitement répondu et j’ai obtenu dès mon premier essai de belles images. En poussant un peu mon idée, j’ai décidé de combiner ceci avec ma technique de longues expositions.

J’aime ce que je vois. Les expositions varient entre 30 sec et 4 minutes, Quelques rehaussements du contrastes on étés nécessaires en noir et blanc, je suis heureux de pouvoir m’y remettre.

 

L’obsession du temps …

Continuellement, on est en mouvement, on ne prend que rarement un temps d’arrêt …

Moi, je prends parfois de trop longs temps d’arrêt qui résultent en des images qui sont figées sur de longues minutes et non des fractions de secondes. C’est là que débute mon obsession du temps.

Quand il y a quelque temps j’imaginais de longues expositions, je pensais à 3 ou 10 ou même 15 secondes. En ce moment je parle plutôt de 6 ou 8 minutes, 13 parfois et ce en pleine journée, en pleine lumière. C’est fou ce que cela peut changer un paysage.

Derrière cette obsession, il y a une volonté, celle de montrer les paysages sous une autre forme, sous un autre temps. Une simple scène se transforme sous l’exposition exagérée.

 

Les outils nécessaires sont simples mais demandent une attention particulière. Il y a naturellement le trépied, le plus solide le mieux. Le fameux déclencheur idéalement sans contact ou sans fil pour éviter tout contact de bougé. Assurez vous que vous cachez bien l’oculaire pour les longues expositions afin d’éviter d’exposer la chambre d’exposition par le viseur. Il y a finalement les filtres. Je travaille principalement avec deux filtres, un Densité neutre ND400 (- 8 stops) et un ND 1000 (- 10 stops). Ceci me donne un pouvoir de -18 stops à partir de l’exposition régulière. Une scène exposée à 1/500 seconde une fois enlevé les 18 stop devient une à 8min et 44 secondes. Supposons un instant que j’étais à ISO 200 et f11, ceci donne la possibilité d’étirer l’exposition à 17 minutes si je passe à ISO 100. Vous allez dire, 17 minutes ?  Pourquoi ?

Pour aller chercher les mouvements dans les nuages, dans le ciel. Montrer le temps. Ceci permet également de belles surprises car il est à peu près impossible d’imaginer l’image avant de l’avoir capturée.

J’aime aussi beaucoup une application que j’ai trouvé sur le App Store pour mon iPhone. Elle s’appelle ND timer et permet de calculer l’exposition en superposant deux filtres sans avoir à faire d’erreurs de calculs car un mauvais calcul peut vous mener à 15 minutes au lien de 7.5 minutes et c’est 7.5 minutes qui aurait pu servir à capturer une autre image.

 

Quelques exemples … Ces images on été prises une à la suite de l’autre il y a quelques heures.

 

 

Une exposition à 1/800 de secondes …

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268 secondes ou 4.5 minutes

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467 secondes ou 7.8 minutes

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397 secondes ou 6.6 minutes

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Une pièce d’équipement indispensable …

Nous vivons dans un marché de consommation souvent excessif … La photographie fait parti des loisirs qui peuvent s’avérer très dispendieux comme bien d’autres d’ailleurs. Si on évalue bien ses besoins à la base et que l’on respecte son budget, il est possible de s’équiper avec un budget relativement bas, il faut juste savoir où regarder.

Beaucoup de photographes amateurs cherchent l’effet de détachement du sujet (i.e. un sujet net et un arrière plan flou) mais n’ont pas nécessairement ce qu’il faut dans l’équipement de base ou via l’objectif kit acheté en même temps que le boîtier.

Loin de moi l’idée de dénigrer l’achat d’équipement de base. Il faut naturellement débuter quelque part et les ensembles boîtiers / objectifs donnent une chance au photographe de photographier de manière plus générale sans trop froisser le budget de base.

Souvent, les consommateurs veulent un deuxième objectif, généralement un qui rapproche un peu plus et c’est bien normal, il est plaisant de pourvoir rapprocher sans trop avoir à se déplacer.

Si je peux donner un conseil au niveau de l’équipement de base, il est le suivant: une fois l’objectif et le boîtier acheté, considérez investir sur:

  1. Une bonne formation de base sur la photo (si vous n’avez pas déjà la base)
  2. Un trépied de qualité (oubliez les trépieds à 49$ qu’il va falloir remplacer)
  3. Un objectif 50mm 1.8 (ils existent dans toutes les marques d’appareils)

Il faut savoir à la base que l’équipement aide le photographe à se réaliser mais que sans la connaissance de base, il est difficile d’arriver à un résultat. Il faut comprendre comment l’utiliser et comment la base de la photographie fonctionne.

Cette semaine ( du 28 Octobre 2012 au 3 Novembre 2012), je ne vais que publier des images réalisées avec un objectif 50mm pour vous donner une idée de quoi ce petit bijou très abordable est capable. Sachez que vous pouvez vous en procurer un pour un coût d’environs 130.00$ dans à peu près toutes les marques. Nikon offre 2 versions de cet objectif (un motorisé et un non motorisé). Le motorisé tourne autours de 230.00$ ce qui est toujours un excellent investissement. Vérifier auprès de votre revendeur local pour valider si votre boîtier accepte les objectifs non motorisés et conserve la mise au point automatique.

Pourquoi cet objectif plutôt qu’un autre ?

Autre que pour le coût, le 50mm 1.8 est très lumineux et vous offre de photographier en plus basse lumière là où l’objectif « kit » risque d’échouer et vous donner une vitesse trop basse pour tenir à main levée ou encore vous forcera à utiliser un flash d’appoint. Plus l’objectif est lumineux, plus il vous offre de belles possibilités en basses lumière.

À ne pas négliger et à sérieusement considérer, ce petit bijou vous donnera aussi la possibilité de photographier à grande ouverture ( @ F 1.8 par exemple ) et bien détacher le sujet de l’arrière plan. Autrement dit. vous donne la possibilité de bien isoler le sujet en rendant le font très flou. C’est un effet photographique qui accentue le sujet, qui le met en valeur. En voici quelques exemples …

50mm 1.8

Il va sans dire que ces pièces d’équipements si peu coûteuses soient elles sont destinées aux appareils photos qui autorisent les objectifs interchangeables (soit type REFLEX, soit appareils SANS-MIROIR).

L’avantage de ces objectifs lumineux est donc doublement intéressant parce qu’en plus de donner de beaux effets photo, ils permettent de photographier en plus basse lumière, là où c’est souvent plus difficile de photographier sans avoir recours au flash électronique et à la lumière artificielle. Il faut aussi savoir que vous devrez considérer photographier dans un autre mode que le mode purement automatique de votre appareil photo. Je vous recommande d’utiliser soit le mode M (manuel) ou encore le mode A ou AV selon la caméra (mode de priorité à l’ouverture).

Donc, mon défi pour la prochaine semaine, photographier avec mon boîtier et un objectif 50mm 1.8. On verra bien ce que cela donnera en bout de ligne. Il faut parfois être un peu créatif …

Images à suivre au cours de la semaine.